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Laos,
au pays des Tigres !
Article écrit le 10 mars 2009
Laos : de Luang Prabang au Nord-est
du 28 février au 9 mars 2009
Train - Le Thaï Express
C'est " pas peu fiers " que nous embarquons dans notre train
de nuit qui doit nous amener de Bangkok en Thaïlande à la
frontière du Laos. Un avant-goût du transsibérien
et un entrainement !
Dans le wagon, de part et d'autre de l'allée centrale, les sièges
sont en " duo ", l'un faisant face à l'autre. Au dessus
d'eux, le " chef de cabine " a dégrafé un premier
lit couchette, et après une première heure de trajet et
déjà pas loin d'une dizaine d'arrêts en gare, il
plie les sièges avec une adresse étonnante et
un
autre lit couchette apparaît ! Il ne lui reste plus qu'à
mettre les draps et nous donner à chacun un oreiller moelleux
et une petite couverture, et nous voici armés pour la nuit. Non,
non, nous ne sommes qu'en seconde classe !
Nous parvenons à destination au bout d'une nuit assez longue
(le trajet devait durer 12h mais il en aura pris 15
). La nuit
a été plutôt confortable, même si le sommeil
a été en pointillés du fait des multiples arrêts
sur voie, cette fois. Et sans raison apparente, nous nous perdons encore
en conjectures : pauses-pipi du chauffeur ? Animal sur la voie ? Voire
même véhicule ?... Va savoir.
Transit de
Vientiane à Luang Prabang (en
bus)
A l'arrivée en gare de Nong Khaï, côté Thaïlandais
de la frontière, nous évitons de céder à
la tentation de payer (très cher) une agence qui s'occupe "
de tout " pour nous faire passer la frontière et nous emmener
jusqu'à Vientiane, à 20 Km de là. Nous allons nous
débrouiller nous-mêmes
Nous n'avons plus de photos d'identité pour nos nouveaux visas
laotiens mais, peu importe, une thaïlandaise avisée s'est
organisée un petit labo photo dans une cabane de tôle,
et nous dépatouille la situation. Incroyable ! Nous la payons
en Baths (la monnaie Thaï) échangés avec un Croate
contre un fond de poche de Dollars Américains
Mais à
quoi servent les monnaies uniques ?
Puis le passage de la frontière se déroule sans encombres
(comprendre : nous obtenons nos visas, et qui plus est, nous sommes
exonérés de bakchich). Nous traversons ensuite le Mékong
en bus via le " Pont de l'Amitié " qui relie les deux
pays voisins (devenus " amis " après quelques siècles
d'histoire mouvementée), et atteignons la gare routière
de Vientiane où nous passons l'après-midi entre la salle
d'attente (un peu chaude, sous ce hangar en tôle) et un restaurant
Karaoké (un peu beaucoup bruyant)
Le bus de nuit qui nous attend est " spécial ". A deux
étages, le rez-de-chaussée est réservé aux
bagages
et au fret de marchandises ! Les passagers ayant un billet
occupent ensuite les sièges de l'étage supérieur,
et les autres
l'allée centrale sur de petits fauteuils
en plastique ! (toutefois, à confort spécial, tarif spécial
avec abattement de 50% !). Dans la série des échanges
interculturels, les chinoises derrière nous se raclent le fond
de la gorge toute la nuit et ne supportent pas que l'on incline nos
dossiers
Nous parvenons enfin à destination en début
de matinée, avec seulement 2 heures de retard et fourbus à
souhait.
Ville de Luang Prabang
Cette ancienne capitale du Laos (avant Vientiane) est restée
un bien joli gros bourg. Classée au patrimoine mondial de l'Unesco,
il n'y a pas de bâtiments hauts, les constructions récentes
se font avec les matériaux et techniques traditionnels. De plus,
il y a un nombre de bâtiments coloniaux (du temps du protectorat
français) et religieux (temples bouddhistes) impressionnant :
il y en a véritablement à tous les coins de rue. Il y
a même un " Palais Royal ", construit par les français
en 1904 et utilisé comme résidence par le roi jusqu'en
1959.
Et le tout repose dans un cadre unique : la ville s'étend sur
une langue de terre entre le Mékong et un de ses affluents, la
Nam Kane, et est entourée de collines de végétation
tropicale ! Cela rend notre séjour et la visite très agréables,
et, pour un pays comme le Laos, c'est d'une grande valeur culturelle
et historique.
Un éléphant sur qui se balançait
: Vidéo
Coups de cur culinaires
D'abord, on a craqué pour les " Fruit shakes ", les
jus de fruits frais mixés avec de la glace. Il en est proposé
partout, et du coup
on en consomme tout le temps ! C'est frais,
sucré, délicieux et
adductif !
Sinon, la vraie spécialité laotienne, c'est le "
Khao Niao ", le riz gluant. Il est cuit au feu de bois (le gaz
est très peu répandu ici) à la vapeur dans des
paniers, et servi dans des petits pots de raphia. On en prend une boulette,
avec les mains, qu'on malaxe, et qu'on mange comme du pain ou en la
trempant dans les plats
Nous en sommes devenus fanas.
En fin d'après-midi, des gargotes s'installent sur les trottoirs
de certaines rues. Elles proposent des noodles (nouilles de riz) à
différentes sauces, des nems et des rouleaux de printemps et
du poisson et du poulet grillé ! C'est un régal !
" Whereyougo? "
Ils sont parfois excédants, ces chauffeurs de tuk-tuks
Comme si on ne les voyait pas ! Dès qu'on est à portée
de voix et de vue, on entend " whereyougotoday ? " (vous allez
où aujourd'hui), genre, des fois qu'on oublierait de leur demander
de nous emmener là où on veut aller
Mais, bon, c'est
ainsi et les sourires réciproques font vite oublier ces petits
harcèlements.
Voie navigable : Remontée de la rivière
Nam Ou (bateau)
Le niveau des eaux est suffisant pour nous permettre de remonter en
bateau vers le nord de la province. Nous quittons alors Luang Prabang
et vivons une nouvelle journée sur l'eau, d'abord sur le Mékong
puis sur la rivière Nam Ou, un de ses affluents. Cette dernière
offre des paysages splendides. Elle est beaucoup plus étroite
que le Mékong et on longe souvent de hautes parois rocheuses
abruptes. Vertigineux, même d'en bas !
Notre chauffeur-pilote guide son embarcation entre les récifs
des rapides avec une dextérité sans pareille. Et quand
on touche le fond, les passagers (enfin, les mâles seulement)
descendent
et poussent ! Simple et efficace. D'ailleurs, il n'est
pas rare qu'à cette période, les bateaux restent coincés
en amont et ne puissent pas redescendre !
Remontée de la Rivière :
Vidéo
Village de Nong Khiaw
Nous arrivons à Nong Khiaw, petit village de montagne du nord
du Laos, en fin d'après-midi, le postérieur en compote
de ces 8 heures sur " siège dur ". Nous larguons les
amarres dans une guesthouse toute simple et proprette. Le village est
assez typique et étendu. Il est partagé par la Nam Ou,
mais un pont de béton relie les deux parties, ce qui ajoute à
son charme. Nous sommes entourés de montagnes et de forêts,
le tout baignant derrière le flou artistique d'un voile de brume
permanent. Pour expliquer ce phénomène, on hésite
entre l'humidité locale et la fumée de brûlis (de
déforestation entre autres)
sans doute les deux mon Capitaine.
Sauna, version locale
Le représentant de l'unique agence locale de trekking, Hôm
(à peine âgé de 20 ans), tente de nous extorquer
des millions (de Kips, certes, mais quand même !) pour nous organiser
notre sortie. Nous refusons poliment, et bien nous en prend car le lendemain,
nous négocions un tarif honnête avec un indépendant,
prof de maths à raison de 12h par semaine, et guide local le
reste du temps
Quant à Hôm, nous le retrouvons le lendemain, assis jambes
croisées, à rafistoler une chambre à air de pneu
de tracteur au bord de la route. Il fait moins fier que dans son agence
" pseudo-fair ", et nous informe qu'il est là devant
la maison de son père, herboriste de son état. Et il nous
fait visiter les installations du seul sauna de Nong Khiaw et sans doute
le seul de toute la province ! Epatant : au dessous d'une bicoque sur
pilotis, un feu de bois permet de faire bouillir un baril d'eau, dont
la vapeur s'échappe via une concoction d'herbes aromatiques (et
secrètes, on est chez le druide du village
) dans un bambou
relié à une pièce de l'étage supérieur.
Dans la pièce faisant office de sauna, la vapeur est chargée
d'arômes mystérieux mais surement bienfaiteurs, et la température
monte à 70°C ! Un vrai sauna malin, efficace donc
laotien.
Vous l'avez compris, on ne résiste pas à l'envie d'essayer
et dès 18h, nous enfilons un sarong et nous faufilons dans le
sauna local ! Un grand plaisir.
La montagne, çà nous gagne
Notre projet de trekkeurs, qui prévoyait de nous isoler du monde
des humains pendant trois jours pour nous consacrer à la marche
en pleine nature, s'envole dès lors que chacun de nous est successivement
victime d'une tourista
Un shake à l'eau pas bonne ? On
ne saura jamais. On est chouchouté par la famille qui tient la
guesthouse : pour une fois que des touristes restent plus de deux nuits
!
A peine remis, nous louons des motos pendant une journée et longeons
la route (on ne peut pas se tromper, c'est la seule). Cette escapade
nous permet d'explorer un peu la région. La route serpente entre
montagnes, végétation tropicale, et villages de minorités
ethniques dont les enfants nous saluent au passage et les résidants
nous accueillent sourire aux lèvres. De nouvelles bien belles
images pour la tête.
Frissons
En plus, cette équipée prend des allures de véritable
aventure d'Indiana Jones quand nous réalisons que ces décors
à la " Tomb Raider " sont aussi le milieu naturel des
tigres ! Et oui, il en resterait encore quelques uns, sauvages, et les
autochtones affichent clairement leur fierté sur des panneaux
4 par 3. Manquerait plus qu'on tombe nez à nez (ou plutôt
nez à truffe) avec un tigre à la sortie d'un virage !
Nong Khiaw : Partie de pêche
Ils nous faisaient envie depuis longtemps, presque depuis le delta du
Mékong, ces pêcheurs sans canne à pêche. Alors,
comme l'occasion se présente, nous sautons dessus ! Et nous voici
partis avec Oung Phàng, l'herboriste et papa de Hôm, pour
une séance de pêche traditionnelle (oui, oui, pas question
pour nous de pêcher à la grenade
).
Nous embarquons sur sa barque à fond plat, dont la stabilité
n'est pas la première qualité. Après quelques mètres,
le moteur s'emballe, le gouvernail se coince et nous nous échouons
à vive allure sur le rivage... A peine échaudés
de ce naufrage sans gravité, nous repartons jusqu'aux lieux des
crimes à venir.
Là, nous découvrons d'abord la technique du " lancer
de filet ", qui consiste tout simplement à jeter un filet
dont les contours sont lestés par une chaîne, sur les poissons.
Pas si facile, il faut d'abord acquérir la technique de préparation
du filet entre les mains et le coude. Puis effectuer plusieurs lancers
pour que le filet s'étende bien à plat (surface couverte
maximale) et le plus loin possible du lanceur (effet de surprise des
proies). C'est Damien qui s'avère piger le plus vite et lancer
le mieux. Résultat du concours familial : Damien, 2 poissons,
Marie-Lise et Bruno : zéro. Y'a pas photo !
Ensuite, Oung Phàng initie Damien à une autre technique.
En barque, ils tendent un long filet en partant d'un point de la rive
jusqu'à un autre point en aval. Puis ils naviguent quelques minutes
à l'intérieur de la zone ainsi délimitée,
l'un des compères pagayant, l'autre frappant à coups violents
la surface de l'eau à l'aide d'un long bambou. L'objectif est
d'effrayer les poissons pour qu'ils fuient sans prendre garde
vers les mailles du filet. Et çà marche bigrement bien
! En une campagne, ils nous ramènent une grosse douzaine de poissons,
de quoi agrémenter la soupe du soir
D'autres inoubliables souvenirs dans notre sacoche.
La pêche pour les nuls : Vidéo
" La Kone " (Au revoir) Laos !
Nous quittons Nong Khiaw et le Laos ce mardi 10 mars. Nous garderons
du Laos autant d'images de simplicité, d'hospitalité et
d'humanité que du Cambodge. Les maisons de bois et paille, les
pilotis, les sourires, les rivières, la végétation
tropicale luxuriante, on a tout aimé
et on en garde au
moins autant pour la prochaine fois !
La suite
retour au Vietnam, au nord !
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Nord Laos - Nong Khiaw
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Laos,
nature et découverte !
Article écrit le 24 fevrier 2009
"
Sud Laos - Les 4000 îles et le plateau des Bolovens "
du 13 au 21 février 2009
Frontière
Nous ajoutons un nouveau cliché à notre collection de
photos de douaniers
L'unique poste frontière ouvert entre
le Cambodge et le Laos vaut le détour. Quelques baraquements
de bois, des chèvres, une barrière qui ne descend pas
jusqu'à l'horizontale et
quelques douaniers corrompus qui
nous soulagent d'un dollar chacun, tant à la sortie du Cambodge
qu'à l'entrée au Laos. Surement dans le dessein de réduire
les inégalités Nord-Sud.
Riz et rizières
De la frontière à notre premier point de chute, s'étendent
de part et d'autre de la route des modestes parcelles asséchées,
délimitées par des petites digues. Ce sont des rizières
sans riz. Normal, ici, ce n'est pas la saison !
En effet, au Laos, on ne fait qu'une seule récolte par an (contrairement
à d'autres pays asiatiques, mais ici, cela semble suffire) :
on sème au printemps, on repique en été et on récolte
à l'automne. Et l'hiver, on profite
Si
Phan Don (Les 4000 îles)
Dès notre entrée au Laos, nous nous arrêtons dans
cette région frontalière, où le Mékong est
parsemé d'îles de toutes tailles et de quelques chutes
d'eau. Nous jetons notre dévolu sur l'île de Khone, habitée
de quelques centaines de familles. Il y a encore peu de temps, ces habitants
vivaient en autosuffisance alimentaire et dans des conditions de vie
moyenâgeuses.
Mais
le tourisme se développe vite. Les bungalows sur pilotis poussent
comme des champignons. Les habitants ont bien compris leur intérêt
L'électricité arrive (sous forme de générateurs
bruyants de 18 à 22h), donc la télé et tout et
tout. Bientôt, il en sera fini des chaudrons au feu de bois, des
chemins de terre rocailleuse et des vélos comme unique moyen
de transport. Un signe : y'a déjà des trucks (genre polynésiens)
pour les groupes de touristes asiatiques (chinois ?) qui traversent
l'île de part en part en soulevant des nuages de poussière.
Quant
à nous, qu'est-ce que nous sommes bien dans notre bungalow sur
pilotis le long du fleuve. Excepté les moustiques, c'est un endroit
de rêve
On a même la vue sur le vieux pont de chemin
de fer français, entre autres (modestes) restes inachevés
de cette époque révolue. Les rails, eux, ont été
recyclés en barrière pour la cour d'école !
De
notre terrasse, nous assistons au trafic permanent des barques à
longue queue : 10 mètres de long, plus 2 pour plonger l'hélice
loin à l'arrière, juste sous la surface de l'eau pour
éviter qu'elle ne se prenne dans les herbes. Un brin pittoresque.
Et puis, il y a l'immanquable séance de la " toilette ".
Chacun, peu avant la nuit tombante, se rend au bord du fleuve, simplement
vêtu d'un Sarong ou d'une simple serviette nouée autour
du ventre. Et c'est la toilette complète, on ne lésine
pas sur le savon et on a l'eau à volonté pour le rinçage
!
Ile de Khone : Vidéo
Des
origines corses ?
Un dicton prétend que " les Vietnamiens sèment le
riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens
l'écoutent
grandir ! ". C'est peut-être un peu exagérer la réputation
de nos nouveaux hôtes, mais nous confirmons qu'ici, la vie se
déroule plutôt tranquillement, au rythme du fleuve, voire
de ses saisons.
Seuil de pauvreté
Avant notre périple, nous avions le sentiment d'être des
privilégiés, d'être nés " du bon côté
de la barrière ", par rapport à la grande majorité
des humains des pays du sud. Au fur et à mesure que nous avançons,
et cela se renforce depuis que nous sommes en Asie, nous prenons conscience
qu'on peut naître dans un pays du Sud, vivre avec moins de un
dollar par jour avec presque rien à soi sauf un toit et de quoi
manger et
être heureux, garder sa fierté, son humour,
son amour de l'autre. Tous n'ont pas le sentiment d'être nés
d'un mauvais côté.
Albert, c'est çà l'Humanitude ?
Ville de Paksé,
étape de liaison
Après quelques jours aux 4000 îles, nous rejoignons la
ville de Paksé, un peu plus au nord. C'est notre base de départ
pour explorer la région
en moto! En effet, depuis qu'on
sait comment passer les vitesses (!), on a pris goût à
ce moyen de transport. C'est aussi celui qui offre le plus de liberté
pour se déplacer jusque dans les coins les plus reculés.
On laisse en dépôt notre chargement de gros sacs de routards
dans un hôtel, et on part le cur et l'esprit légers,
la fleur au fusil, avec comme tous bagages un peu de rechange et une
brosse à dents. Alors, pas belle la vie ?
Le Grand Prix des Bolovens
Nous voici partis pour quatre jours sur le plateau des Bolovens, cette
région agricole qui s'étend à l'est de Paksé
à des altitudes de 700 à 1300 mètres. Rassurez-vous,
à l'heure où nous rédigeons cet article, nous sommes
rentrés, et vivants.
Résumé de la première étape : jusque
vers 16h, nous sommes parvenus à rouler entre les averses. Deux
arrêts aux stands, sous abris, pour contempler autant de cascades,
néanmoins admirables. Derniers kilomètres et fin d'après-midi
sur route submergée de quelques centimètres d'eau de pluie
une battante celle-là ! A l'arrivée, chacun pèse
deux fois son poids à sec. Dans l'humidité ambiante, Marie-Lise
se fait la proie d'une sangsue vorace qui l'attaque au mollet, et tout
le monde attrape un bon coup de froid.
La seconde étape reste marquée par le début
de la première Tourista asiatique de Bruno. A moins que ce ne
soit les suites du coup de froid de la veille ? Allons savoir
L'itinéraire se faufile entre champs de café, marché
villageois et piste traversant plusieurs villages ethniques. Super.
Au fait, l'orage est passé, et le beau temps est revenu.
Village de Tadlo
Troisième étape : boucle contre la montre autour de
Tad Lo. Nous remontons le long d'une petite rivière, et croisons
successivement trois cascades. Ce sont les enfants d'un village qui
nous hèlent du bord de la route et nous mènent pendant
une heure de marche à travers les rochers du lit de la rivière,
jusqu'au pied de la plus haute des trois (cascades). L'agilité
de ces mômes à se frayer un chemin et circuler dans ces
roches est étonnante. La vallée est leur terrain de jeu,
et quel terrain de jeu ! La nature, au naturel
Nicolas Hulot apprécierait.
On
identifie au passage une nouvelle association pour DSF. Il s'agit
d'un centre d'éducation à l'informatique pour les enfants
du village. Les cours sont dispensés gratuitement. Avec l'arrivée
du tourisme dans cette région reculée, le fondateur, Soulideth,
cherche à augmenter les perspectives d'avenir de ces mômes.
Bravo à lui, il donne un bel exemple d'initiative locale contre
la fracture technologique.
Damien et la moto
Ultime
étape : au départ de Tad Lo, arrivée à
Paksé en fin de journée. Le moment fort est celui où
on se remet d'un coup de chaud sur le site d'une cascade où nous
sommes
tous seuls ! Le bruit des chutes, et nous. C'est tout.
Damien, rongé par l'envie d'essayer et prétextant fièrement
disposer des qualifications requises (ASSR1), s'initie aux épreuves
pratiques de conduite d'un deux-roues motorisé ! Après
le 4x4 en Australie et la moto au Laos, il ne manque plus que l'hélicoptère
en Sibérie
Cette fois, l'orage éclate
après notre arrivée.
Ô Rage pour lui
Quatre
jours, que du bonheur !
Plateau des Bolovens : Vidéo
Les
minorités ethniques
Tous les pays du Sud-Est asiatique, du moins ceux que nous traversons,
Vietnam, Cambodge et Laos, ont un point commun. Ils sont le siège
de petites communautés ethniques, distinctes des principaux peuples
à l'origine des états, mais belles et bien présentes
sur leurs territoires. Ces ethnies sont dites " minoritaires "
compte tenu de leurs effectifs. Les Hmongs, par exemple seraient environ
8 000.
Annamite, Cham, Katou, Katang
Rien qu'au Laos, il a été
recensé 68 groupes distincts, tous différents par leurs
traditions, coutumes, croyances, langues et
histoire. Quelle richesse
!
Pourvu que leurs identités ne soient pas complètement
effacées, par force ou malice, et que l'Humanité les préserve.
Les enfants qui nous ont guidés vers le pied des chutes d'eau
de Tad Phuang sont surement d'un village Katou, si l'on en croit notre
observation de l'organisation du village. Nous faisons aujourd'hui une
prière : que leurs esprits animistes ne soient pas les seuls
à veiller sur eux.
Des
M&M's ? Non, du café !
Lors de notre " Bolovens Tour ", tout au long des routes et
des pistes, on voit au sol des grands carrés de petites boules
de différentes couleurs. Elles sont étendues en tapis
au soleil devant les habitations. Du jaune au brun très foncé,
il y a toute la palette de dégradés des verts et des rouges.
Et bien, ce ne sont pas des confiseries, mais des grains de café
en train de sécher !
En
effet, la région s'est spécialisée dans cette culture
(à l'origine, expérimentée sans beaucoup de succès
par les Français au début du 20ème siècle),
qui fait vivre aujourd'hui près de 20 000 familles de 250 villages.
Le paysage est fréquemment constitué de champs de caféiers
à différents stades de leur cycle annuel, de la floraison
à la récolte des fruits (contenant les grains).
Les
grains que l'on voit le long des routes sont séchés par
la méthode " naturelle ", pendant 20 jours. Comme le
grain sèche dans le fruit, il donne au café un parfum
plus fruité, plus de corps et moins d'acidité. C'est la
principale méthode utilisée au Laos, et pour les Robusta.
Euh, c'est peut-être sa dégustation dans une eau mal bouillie
qui a rendu malade Bruno, qui sait ?
"
Thaïlande - Bangkok Surprise " -
du 22 au 26 février 2009
Détour
Après le sud du Laos, nous avons prévu de remonter au
nord, via Vientiane, la capitale. Mais quand Marie-Lise s'aperçoit
de la présence d'une grosseur suspecte dans la gorge, nous décidons
à l'unanimité de faire le détour par Bangkok, d'où
les hôpitaux sont les plus réputés en Asie du Sud-Est,
et oui
il n'est pas vraiment conseillé de tomber malade
au Laos.. De toute façon, nous ne sommes plus à 1 000
Km près !
Un
coup de barre ? Bangkok, et çà repart !
Quelle ville ! Après ces quatre premières semaines d'Asie
du Sud-est, nous apprécions la différence. Lignes de métro
aérien, buildings aveuglants, trottoirs praticables, baignoire
et eau chaude, commerces aux vitrines alléchantes
C'est
un nouveau retour à la civilisation, une bouffée d'air
de " Zone Urbaine ", bref, le pied.
Tourisme
médical
C'est pas le tout, on n'est pas là " que " pour rigoler.
Conformément à l'objet de notre visite, nous nous rendons
directement dans l'un des hôpitaux dits " internationaux
" de la ville. La façade est avenante, l'entrée digne
d'un grand hôtel. L'accueil est anglophone et en quelques minutes,
nous avons expliqué notre cas et rempli un formulaire d'identification.
Nous
sommes ensuite guidés jusqu'au service d'ORL et dix minutes plus
tard, Marie-Lise est installée face à un spécialiste.
Il nous livre son premier diagnostic, et dans les 30 minutes suivantes,
une prise de sang et une échographie sont effectuées !
Dès les résultats d'analyse disponibles, nous revoyons
aussitôt le spécialiste qui nous fait l'analyse en "
live " : il nous expose les tenants et aboutissants, nous prescrit
un traitement et
nous remet un CD avec l'ensemble des éléments
nécessaires au suivi ultérieur, dont les échographies
! La tyroïde de Marie-Lise n'a plus qu'à bien se tenir !!
On
n'a pas eu besoin de prendre rendez-vous, il y avait du personnel disponible
à chaque fois que nécessaire, du matériel moderne,
à chaque poste un " Pro ", on n'a pas eu à revenir
pour avoir des résultats
La prochaine fois qu'on a un truc
de travers, c'est promis, on revient là !
Sawat di krab (au revoir) Bangkok
Retour au Laos ! La densité des lignes ferroviaires n'est pas
folichonne en Thaïlande mais il en existe une pour rejoindre la
frontière avec le Laos, d'où nous serons tous proches
de Vientiane (capitale du Laos).
Alors,
nous sautons sur l'occasion et réservons des couchettes dans
le train de nuit de ce jeudi 26 février ! On vous dira si les
couchettes étaient dures
La
suite
retour sur le Mékong, au nord du Laos !
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